Altruisme : Disposition bienveillante à l'égard des autres... C'est une considération de l'autre qui appel l'entraide.
Autonomie : Fait de se gouverner d'après ses propres lois en accord avec le contexte.
Bienveillance : terme entendu ici au sens de « veiller au bien de ». [ Éthique : ici, démarche — et régulateur des démarches déontologique et conséquentialiste — qui retient comme critère de ne pas nuire et d'être bienfaisant. Cet aspect ne prétendant pas résumer toute l'« éthique de la vertu » le plus souvent mentionnée à cette place. ]
Bonté : Caractère d'une personne bonne, bienveillante. C'est peut-être la première des facultés. Elle s'appuie sur la conscience d'un contexte plus qu'elle ne dérive d'un idéal. Elle ne nécessite pas d'érudition, ne discrimine pas, sert (donc sans condescendance) plus qu'elle n'aide, sans naïveté, constitue une spécificité qui ne domine pas car elle est vouée à se dissoudre dans le nombre grandissant de celles et de ceux qui l'expriment.
Bonheur : Lorsque la possibilité de la « joie » est préservée. (d'après André Comte-Sponville)
Champ d'Existence : l'expression « Champ d'Existence » désigne l'étendue des situations dont nous faisons l'expérience, dont nous sommes partie prenante, accessibles à nos sens (directement ou non) et parfois à notre entendement. (Le choix du singulier est celui d'élargir au-delà d'une simple métaphore agricole.)
Conséquentialisme (éthique) : [ Ici, démarche qui retient les conséquences comme critère de sa régulation. ]
Complexe : Du latin complexus c-à-d ce qui est entrelacé, tissé ensemble et dont les « fibres » interagissent et retroagissent l'une sur l'autre. [ N'est donc pas synonyme ici de « compliqué ». ]
Connaissance : croyance de haut niveau (ou vériconditionnelle) correspondant à un fort degré de probabilité d'être vérifiée par l'expérience (mise en réfutation) dans des conditions identiques à celles qui l'ont établie. En tant que processus, la connaissance relève de l'enquête.
Contributeur : toute personne offrant une contribution à paraître sur ce site (texte, audio, vidéo, graphique, scientifique, philosophique, artistique, etc.).
Croyance : Certitude sans preuve. Irréfutabilité d'une affirmation. (Croire, c'est aussi postuler ce qui peut faire l'objet de notre attention, de notre exploration voire de notre action.)
Déontologique (éthique) : [ Ici, démarche qui retient les règles, surtout écrites, comme critère de régulation. ]
Empathie : [ Disponibilité et sensibilité à l'état d'autrui, sollicitant en nous un élan pour y répondre et ne supposant pas de partager la même émotion que lui... À distinguer de la « sympathie » c-à-d faculté de partager joies et douleurs des autres et de la « compassion » c-à-d « sympathie » pour les maux dont souffre autrui. ]
Entropie : en thermodynamique, c'est la fonction définissant l'état de désordre d'un système.
Environnement : Ensemble des conditions naturelles et culturelles qui constituent le cadre de la vie d'un individu et sont susceptibles d'agir sur lui.
Éthique : [ lorsque la « morale », partant d'elle-même, dit « il faut appliquer la règle, quelle que soit les circonstances » ; l'éthique, ayant comme principe de ne pas nuire et d'être bienfaisant, observe les circonstances et conduit au mieux l'action en ce sens. De ce point de vue la morale serait une éthique décontextualisée, et l'éthique une morale contextualisée.]
Pour exemple, le philosophe Ruwen Ogien propose un « minimalisme moral » où les points suivants ne devraient pas soulever de problème moral : « les crimes ou 'fautes morales' sans victime ; le rapport à des entités abstraites (Dieu, État, patrie,...) ; les relations consenties et le rapport à soi-même. » Il réserve l'application du mot « immoral » aux relations injustes envers les autres (humiliation, discrimination, exploitation et manipulation cyniques, atteintes aux droits, gestion des relations par la menace, la violence ou d'autres formes de contrainte, etc.)
Existence : « Apparition dans un champ de sens spécifique. » « Par exemple, des licornes existent, dans le contexte de tel film ou de tel conte. » (Makus Gabriel) [ C'est ce qui nous apparaît, de manière suffisamment stable, en se détachant par contraste ou par différence d'autres phénomènes. ]
Gratitude : [ Sentiment de reconnaissance et d'affection envers quelqu'un, qui peut impliquer d'avoir une dette envers lui... ]
Indignation : ici, sentiment qui motive une action faisant face, voire faisant barrage avec force, à une conduite pouvant porter atteinte à la dignité et/ou à l'intégrité psychologique et/ou physique d'un être. À distinguer de la « colère » qui est une réaction émotionnelle trouvant sa résolution par l'obtention de signes de soumission (souvent par la violence) contre des êtres dans leur intégrité psychologique et/ou physique.
Imagination : Faculté psychique de simulation et d'émulation nécessaire à l'inventivité. (d'après Alain Berthoz)
« Rien n'est plus admirable que la rapidité avec laquelle l'imagination suggère ses idées et les présente à l'instant même où elles deviennent nécessaires ou utiles. »
« Rien n'est plus dangereux pour la raison que les envolées de l'imagination et rien n'a provoqué autant d'erreurs chez les philosophes. » (David Hume)
Lorsqu'elle est un jeu de fiction, l'imagination relève d'une suspension consentie et transitoire de l'incrédulité (d'après J.R.R. Tolkien). Lorsqu'elle est de nature superstieuse, l'imagination relève d'une suspension continue, parasitaire et donc brutale de l'incrédulité.
Infra-politique : Pour l'anthropologue (et anarchiste) américain James C. Scott, l'infra-politique est « Une grande variété de formes discrètes de résistance qui n'osent pas dire leur nom. » Selon lui, cette notion permet de saisir l'ensemble des résistances cachées non organisées (souvent ignorées par la recherche en sociologie politique).
D'un point de vue un peu différent, ce terme désigne ici ce qui structure nos usages, nos relations et sous-tend nos actions quotidiennes. S'adresser à ce niveau aurait donc comme conséquences des modifications, non plus superficielles mais intégrées, dans nos conduites (compréhension + intention + comportement) intimes et sociales. Cette démarche serait donc essentiellement fondée sur l'expérience quotidienne (disponibilité), la compréhension (information/éducation) et la relation solidaire (réseau social).
Intelligence : [ ensemble des fonctions et des facultés qui, de concert, concourent à l'existence de conduites caractérisées par la douceur et la bonté envers soi, envers les autres et envers tout être sensible. L'esprit critique et l'indignation, de même que la vicariance, font parties de ces facultés. ]
Joie : [ ni euphorie ni exaltation, c'est un sentiment qui renseigne et porte l'action éthique et vicariante. ] Selon Henri Bergson, la joie est l'indice du sens de l'existence humaine : toute grande joie est la conséquence d'une création. (Tandis que, pour lui, le plaisir n'est que le subterfuge de la nature pour provoquer la conservation des êtres vivants.)
Méditation : [ Lorsque ce terme est utilisé ici, il réfère à une définition qui concilie, articule et intègre deux acceptions autrement séparées : « réflexion profonde » et « pleine conscience » c-à-d « pratique consistant à diriger son attention d'une certaine manière : délibérément, au moment voulu et sans entretenir de jugement de valeur. » (...) L'usage de ce terme pour désigner des pratiques religieuses, comme celles de certains bouddhistes, reste à la fois inexacte et source de confusions. (...) Et cette pratique ne saurait avoir comme objectif de supporter l'insupportable, pas plus qu'elle suffirait pour faire « table rase » afin que, miraculeusement, nous devenions durablement heureux, bons et compréhensifs. Quoi qu'il en soit, se familiariser et pratiquer une « pleine présence bienveillante » est indispensable afin de reprendre pied en contexte, par une disponibilité intérieure aux phénomènes, afin de se redéployer avec plus de justesse dans l'axe d'une action éthique. (...) ]
Néguentropie : Évolution d'un système qui présente un degré croissant d'organisation. (Synon. d'entropie négative.)
« [...] la dialogique de l'ordre et du désordre produit l'organisation. » Edgar Morin
Norme : [ État habituel, régulier, modèle courant, conforme à la majorité des cas. Conformité à une prescription, à une règle considérée comme évidente, normale, voire naturelle et universelle... ]
Opinion : Manière de penser sur un sujet ou des sujets, jugement personnel que l'on porte sur une question, qui n'implique pas que ce jugement soit obligatoirement juste. État d'esprit qui consiste à reconnaître le caractère subjectif de la connaissance que l'on a d'une chose, en inclinant à penser que cette connaissance se rapproche de la vérité tout en admettant qu'on se trompe peut-être. Hypothèse plus ou moins fondée et non vérifiée.
Paradigme : pour répondre à une question, il s'agit d'un modèle, de repères nous indiquant, parmi un ensemble de phénomènes ou d'informations, quels indices il est utile de discerner, ainsi que la dynamique et la logique qui lie ces indices.
Pharmakon : [ Action, substance (etc.) qui, selon ses modalités, peut être un remède ou un poison. ]
Phronesis : prudence, sagesse pratique, sagacité, éthique de l'action.
Puissance : en exerçant notre « libre arbitrage » (ce qui réclame disponibilité intérieure, esprit critique et vicariances), nous exprimons cette « puissance » comme capacité à intervenir sur les phénomènes, en contexte (c-à-d en tant que facteur, ou agent participant). « Puissance » nécessaire au maintien de notre sécurité de base biophysiologique et relationnelle. — « La puissance, c'est de pouvoir exister » B. Spinoza.
Relativisme : Doctrine qui affirme que tout est relatif, que les valeurs dépendent des circonstances et sont variables.
Revenu de base universel : « Le revenu de base est un droit inaliénable, inconditionnel, cumulable avec d'autres revenus, distribué par une communauté politique à tous ses membres, de la naissance à la mort, sur base individuelle, sans contrôle des ressources ni exigence de contrepartie, dont le montant et le financement sont ajustés démocratiquement. »
Scientisme : Attitude proche du positivisme qui affirme que la science peut nous faire connaître toute chose et peut répondre, à plus ou moins long terme, à tous les désirs de l'humanité. — Surtout entendu ici comme une approche allant par confirmation et non par réfutation, et affirmant des vérités plutôt que des « vériconditionnalités » (cf. Karl Popper).
Sérendipité : Exploration créative de l'imprévu. (C'est une disposition d'esprit qui permet des trouvailles, par exemple au cours de la mise en œuvre d'un protocole scientifique.)
Spiritualité : ici, conception areligieuse désignant une « disponibilité intérieure envers l'inconnu », pour une émancipation (qui n'est pas « déni ») envers le connu. Elle ne présuppose pas la foi en un « arrière-plan » de nature transcendante, ni un dualisme corps-esprit. En ce sens, ce qui est « spirituel » relève ici du domaine de l'existence de/par cette disponibilité vers cette émancipation, en pratique (c-à-d située et incorporée).
« Le sacré est un sentiment qui apparaît à l'apogée de l'éthique et du poétique. » Edgar Morin
Théorie : Ensemble de notions, d'idées, de concepts abstraits appliqués à un domaine particulier, de connaissances abstraites organisées en système (avec une finalité didactique).
Troubles de la personnalité : Ils affectent 6 à 12 % de la population mondiale. Les symptômes apparaissent pendant l'adolescence ou au début de l'âge adulte. Ils génèrent des modes durables d'expérience et de comportement qui sont délétères pour la personne et dans ses relations. Ils se manifestent durablement dans au moins deux des domaines suivants : cognition ; affectivité ; fonctionnement interpersonnel ; contrôle des impulsions.
Valeurs : [ Ce à quoi nous accordons de l'importance. ]
Vicariance : Vicariance fonctionnelle (capacité de substituer une méthode à une autre) / Vicariance d'usage (capacité de faire varier l'usage d'une fonction ou d'un objet en contexte). La vicariance caractérise ici la flexibilité psychologique en termes de facultés de suppléance ou de permutation fonctionnelles et d'usage. Cette faculté semble directement liée au maintien de notre sécurité de base, en particulier dans un contexte humain caractérisé par sa complexité fluide et l'émergence d'« imprévisibles nouveautés ». (« Vicariance » n'est pas utilisé ici au sens de « se mettre à la place de l'autre », bien que cette faculté permette effectivement d'envisager le point de vue de l'autre...)
• Berthoz (A.) — « La Vicariance : Le cerveau créateur de monde ». Paris, Odile Jacob, 2013